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A Paris, un second tour sous le sceau des tractations, autour de Dati en particulier
information fournie par AFP 16/03/2026 à 15:43

Emmanuel Grégoire, candidat socialiste à la mairie de Paris, après les résultats du 1er tour des municipales, le 15 mars 2026 à Paris ( AFP / Bertrand GUAY )

Emmanuel Grégoire, candidat socialiste à la mairie de Paris, après les résultats du 1er tour des municipales, le 15 mars 2026 à Paris ( AFP / Bertrand GUAY )

Avec cinq candidats qualifiés au second tour, le suspense reste entier à Paris: Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance) est au centre des tractations à droite, pressé par Rachida Dati de faire alliance pour ravir la capitale à la gauche après 25 ans de pouvoir socialiste, tandis que Sophia Chikirou (LFI) tend la main à Emmanuel Grégoire qui l'ignore, appellant les électeurs à s'unir sur son nom.

Après la qualification in extremis de l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo (10,4%), les regards se tournent désormais vers Pierre-Yves Bournazel, pressé par l'ensemble de son camp et notamment Edouard Philippe de s'allier à Mme Dati, candidate LR soutenue par le MoDem et l'UDI, malgré leurs relations exécrables. Il termine à 11,34% des voix et fait figure d'arbitre pour le second tour.

"Nous allons travailler avec @pybournazel à un projet d'alternance. C'est la vie des Parisiennes et des Parisiens pendant les six prochaines années qui est en jeu", a posté lundi sur X Mme Dati, qui a réalisé un score bien moins élevé qu'espéré (25,46%), plus de douze points derrière Grégoire (37,98%), à la tête d'une alliance PS-Les Ecologistes-PCF.

Peu après 01H00 du matin, la maire du VIIe arrondissement, réélue haut la main dans son fief, lui a proposé une fusion des listes, ce qu'elle avait jusqu'à présent exclu.

Ce à quoi le camp Bournazel a répondu à l'AFP que "rien n'était acté à date", Mme Dati devant "encore s'engager sur le refus des extrêmes", à savoir toute alliance avec Sarah Knafo.

Chez Horizons, une commission d’investiture est prévue mardi matin. "Sauf à ce que le deal ne soit vraiment pas juste, je ne vois pas dans quel monde il peut refuser" la fusion, souffle une source au sein du parti.

Pierre-Yves Bournazel, qui jusqu'ici campait sur une position "Ni Grégoire, ni Dati", doit s'exprimer vers 20H00.

Rachida Dati (LR) s'exprime après les résultats du 1er tour des municipales, le 15 mars 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Rachida Dati (LR) s'exprime après les résultats du 1er tour des municipales, le 15 mars 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Sur X, il a rappelé qu'il "souhaitait l'alternance à Paris", posant trois préalables à toute discussion, le premier étant "de rejeter avec la plus grande clarté toute alliance ou toute porosité avec l’extrême droite et la liste de Mme Knafo".

"Aucun rapprochement, direct ou indirect, aucun vote commun au Conseil de Paris", a-t-il écrit.

Il appelle aussi la candidate à "changer le ton de cette campagne", Mme Dati ayant qualifié son concurrent d'"incarnation physique de la droite la plus bête du monde".

Si alliance il y a, elle sera de raison plus que de coeur, lui-même ayant dépeint Mme Dati comme sa "meilleure ennemie" ou comme une "personne en état d'ébriété narcissique".

- "Aucune discussion" à gauche -

Emmanuel Grégoire n'a pas manqué de pointer les contradictions de M. Bournazel, étrillant sur X un candidat qui "se disait candidat de la probité" mais "pousse aujourd'hui pour une alliance avec une candidate renvoyée devant le tribunal correctionnel pour corruption".

L'ex-ministre de la Culture sera jugée du 16 au 28 septembre pour corruption et trafic d'influence. Des faits qu'elle conteste mais qui l'exposent à des peines allant jusqu'à dix ans d'emprisonnement et cinq ans d'inéligibilité.

Part des voix obtenues au 1er tour des élections municipales 2026 à Paris (scrutin municipal) des listes qualifiées ( AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA )

Part des voix obtenues au 1er tour des élections municipales 2026 à Paris (scrutin municipal) des listes qualifiées ( AFP / Nalini LEPETIT-CHELLA )

Selon un cadre macroniste, Emmanuel Macron est favorable à la fusion Dati-Bournazel et a appelé hier soir Rachida Dati et Edouard Philippe.

Les candidats ont jusqu'à mardi 18H00 pour déposer leurs listes de second tour.

Sitôt qualifiée, Sarah Knafo a proposé lundi à Rachida Dati d'accepter sa "main tendue" pour faire une alliance sans accord d'appareil au second tour.

Début mars, elle déclarait qu'elle n'était "absolument pas là pour (se) désister" et que la personne qui refuserait son alliance ferait "perdre la droite".

Régulièrement interrogée sur une possible alliance avec Sarah Knafo, Mme Dati répond invariablement qu'elle aurait davantage à perdre qu'à y gagner, avec une possible fuite des électeurs du centre-droit.

(g-d) Montage photos du 15 mars 2026 montrant les candidats à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, Rachida Dati, Sophia Chikirou, Pierre-Yves Bournazel et Sraah Knafo ( AFP / JOEL SAGET )

(g-d) Montage photos du 15 mars 2026 montrant les candidats à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, Rachida Dati, Sophia Chikirou, Pierre-Yves Bournazel et Sraah Knafo ( AFP / JOEL SAGET )

La surprise de ce premier tour vient aussi de l'Insoumise Sophia Chikirou, en troisième position avec 11,72% des voix, malgré une campagne qui a eu du mal à prendre dans les médias.

La députée de Paris a annoncé, sans surprise, qu'elle se maintiendrait au second tour si M. Grégoire refusait une fusion, selon la stratégie nationale de la formation de Jean-Luc Mélenchon.

"J'attends le coup de fil de @egregoire pour barrer la route à @datirachida à Paris. On n'efface pas un résultat de 1er tour: le respect des électeurs est un principe de base", a-t-elle posté lundi sur X.

Or, le député PS a toujours écarté une alliance avec LFI et démarre dans l'après-midi ses premiers déplacements de campagne sans s'être s'adressé à Mme Chikirou.

Une vingtaine de personnes ont manifesté vers 13H00 devant son QG de campagne pour lui demander de s'unir avec LFI. "Unité, ne nous trahissez pas", appellent les militants. "Toulouse l'a fait, et vous?" peut-on lire sur une pancarte, a constaté l’AFP.

Sans proposer d'alliance avec Mme Chikirou, l'ex-candidate de la gauche à Matignon Lucie Castets, colistière d'Emmanuel Grégoire, a appelé lundi les électeurs LFI à voter pour ce dernier.

"Je sais que beaucoup d'électeurs LFI ont voulu faire entendre leur désir de radicalité au premier tour. J'ai regardé avec beaucoup d'intérêt les propositions de La France insoumise. Beaucoup sont semblables aux nôtres", a déclaré à l'AFP Lucie Castets, appelant les électeurs Insoumis à voter Grégoire.

Interrogé par l'AFP, un élu du camp Grégoire a confirmé qu'"aucune discussion n'était sur la table ni aucune fusion", même sans accord d'appareil. "Mme Chikirou a passé son temps à nous fracasser et à épargner la droite et l'extrême droite avant le premier tour. Un peu étrange de découvrir le danger de l'extrême droite après coup pour exiger des places", a-t-on précisé de même source.

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